L’évolution de Jean Kirschtein

Jean Kirschtein est l’un des personnages les plus populaires de l’Attaque des Titans. Et pourtant, le développement de son personnage et les capacités qu’il a montrées tout au long de l’histoire sont sous-estimés. C’est sa fonction comique qui a souvent été mise en avant par les fans.

Mais l’évolution de Jean, d’un jeune garçon égocentrique à un homme conscient et responsable ayant un but précis, mérite d’être soulignée. Dans cet article, nous allons nous pencher sur cette évolution sans précédent du personnage. Lisez la suite pour le découvrir !

AVERTISSEMENT : L’article suivant contient des spoilers du manga L’Attaque des Titans. Lisez-le à votre propre rythme !

Lorsqu’il est présenté pour la première fois, Jean Kirstein ou Kirschtein selon l’écriture joue le rôle de l’ennemi juré idéal pour le protagoniste Eren Jäger. Cela est dû à son concept de la liberté et à sa vision moins ambitieuse de la vie. Jean a voulu rejoindre la police militaire pour le confort.

Il est donc logique qu’un Eren impétueux soit agacé par l’honnêteté de Jean et son mépris pour le sauvetage de l’humanité. Cependant, Jean est le rappel constant de la réalité de la situation lorsque la détermination d’Eren devient trop forte.

Bien qu’Eren qualifie Jean de “défaitiste” en raison de sa vision plus objective de la position de l’humanité face aux titans, les arguments de Jean sont parfaitement logiques. Le prix à payer pour vaincre un seul titan est trop élevé, et l'”espoir” seul ne pourra jamais donner les résultats escomptés par le corps d’enquête.

L’opinion de Jean était correcte, et Eren l’a appris à ses dépens. Cependant, Jean a aussi appris une leçon après Trost.

Malgré son mépris pour le corps d’enquête, Jean finit par s’engager. Cela conforte le choix de Sasha ainsi que celui de Connie (nous y reviendrons). En voyant la mort d’un camarade qui lui faisait confiance malgré sa personnalité coincée, Jean a pris conscience de la gravité de la situation. Il ne pouvait pas supporter de voir un autre camarade mourir seul, ses os se désagrégeant sans identité.

La mort de Marco a permis à Jean de réaliser à quel point il se souciait de ses camarades, même s’il donnait l’impression de ne jamais s’en soucier. La raison pour laquelle il s’est engagé, en fin de compte, n’était pas due à un “espoir” pour l’humanité après la bataille de Trost. Il était prêt à tout risquer pour s’assurer que ses camarades ne deviennent pas de la chair à titans.

Comme mentionné ci-dessus, Marco joue un rôle important dans l’introspection de Jean. Marco trouve que Jean est admirable et qu’il a l’étoffe d’un leader, par opposition à quelque chose de trivial comme le fait d’avoir “peur”. Marco nous enseigne une leçon précieuse à travers l’exemple de Jean, à savoir qu’avoir peur n’est pas un désavantage. Cela vous rend plus sensible aux autres êtres humains et vous rend plus alerte, ce qui vous permet de faire le choix le plus juste.

C’est précisément ce que Jean a fait lorsqu’il a conduit les cadets au QG. Bien qu’horrifié à l’idée d’utiliser la mort de ses camarades pour sa survie, Jean comprend qu’il n’avait pas d’autre choix – sacrifier certains pour la survie du plus grand nombre, c’est ainsi que fonctionne la vie. C’est le premier des nombreux cas où Jean montre le leader qui est en lui.

Même lors de sa première rencontre avec le titan féminin, Jean prend l’initiative d’élaborer un plan. Ce changement, qui n’est plus égocentrique, surprend même Reiner. Il a tiré des conclusions décisives avec Armin sur beaucoup de choses, qu’il s’agisse du plan secret d’Erwin lors de la 57e expédition du Bataillon ou de l’hypothèse de la théorie de “l’axe”, montrant ainsi son intelligence.

Sa force physique et son esprit vif font de Jean le candidat idéal pour le commandement. Le fait qu’il devienne commandant pendant le saut dans le temps en est la preuve.

Au fil de l’histoire, Jean devient plus conscient et apprécie davantage les autres et leurs forces. Il ne se place pas au-dessus des autres, ce qui est un changement radical par rapport aux premiers jours où il se moquait de ses pairs et les insultait. Il fait davantage confiance au plan d’Armin, comme on le voit dans l’arc du retour à Shiganshina, où il explique à Armin que leur destin sera finalement entre ses mains, et non entre les siennes. Avant cela, il explique à Eren que c’est à lui de décider si ceux qui sont morts pour le sauver de Reiner sont morts en vain ou non.

Jean a définitivement eu une évolution très progressive et cohérente tout au long de la série. Il nous enseigne comment les circonstances peuvent changer la façon de penser d’une personne et la faire devenir l’individu qu’elle est aujourd’hui.

L’arc du retour à Shiganshina ne fait que souligner davantage la valeur de Jean pour l’équipe. Bien qu’il soit lui-même désemparé à l’idée de tuer Reiner, il donne un coup de fouet à Connie et Sasha. Il interpelle également Hansi pour leur comportement inhabituel lorsqu’ils s’apprêtent à abattre Reiner.

Les paroles de Jean calment Hansi, qui voulait tuer Reiner parce que tout le monde était dans l’ignorance de la situation.

Un autre grand atout de Jean est l’importance qu’il accorde aux vies. Bien qu’il sache que la survie se fera au prix de certaines vies, il fait tout son possible pour ne jamais jouer avec la vie de ceux qui l’entourent. Cela se voit lorsque Jean a du mal à tirer sur un membre de l’escouade de contrôle du personnel qui a tendu une embuscade à l’escouade Livaï. Il ne pouvait pas imaginer de combattre des humains, un concept qui nous est pourtant naturel.

À ses yeux, tuer d’autres humains ne résoudrait pas le conflit, comme en témoigne son refus de jeter Gabi et Falco dans le vide, même lorsque Gabi a abattu sa meilleure amie, Sasha. Jean est une bouffée d’air frais par rapport aux personnages constamment violents qui chargent sans aucun égard, et il nous offre une perspective différente pour voir les choses.

Lui aussi, comme d’autres personnages, subit les conséquences de l’échec d’Eren. Bien qu’il ait perdu sa meilleure amie à cause du pari d’Eren, il parvient à garder son sang-froid et à se concentrer sur la prochaine tâche à accomplir, ce qui souligne sa cohérence. Comparé aux autres personnages, Jean est le seul capable d’agir ainsi.

C’est particulièrement vrai par rapport à Armin et Mikasa, qui ont été visiblement ébranlés et trompés par leurs convictions sur Eren, tandis que Connie devient une personne complètement nouvelle. Jean est également le premier à conclure qu’Eren déclenche la gronde pour protéger ses amis, et finalement Paradis, du reste du monde en le détruisant.

Pourtant, Jean souffre en silence. Son seul but dans la vie était de vivre une vie confortable et paisible. En rejoignant l’armée, il a volontairement renoncé à cela. Cependant, ce désir est resté dans un coin de sa tête, pour le hanter avec le début du grondement.

Bien qu’on lui ait proposé de rejoindre Floch et les pro-Jäger avec la perspective de vivre bien, il joue le rôle de leurre et dit volontairement adieu à la seule façon de réaliser son rêve en s’échappant sur le Titan Charrette avec Onyankopon et Jelena.

Le dialogue de Floch montre que tout le monde a remarqué un changement chez Jean – il est calme, responsable et sans prétention.

Cela montre sa détermination et le sérieux avec lequel il prend la promesse qu’il s’est faite de ne pas laisser tomber ses camarades morts en faisant passer ses besoins avant le reste de l’humanité. Le fait qu’il apprenne bientôt la vérité sur la mort de Marco ne l’aide pas et nous voyons Jean perdre la tête. Malgré cela, il se ressaisit et le lendemain matin, il est prêt à collaborer avec les autres pour arrêter Eren.

Jean a l’habitude de se boucher les oreilles chaque fois qu’il est accablé – il le fait dans sa cellule et quand Sasha est morte.

Il est encore une fois important de souligner que même lorsqu’il laisse ses sentiments personnels s’immiscer dans le conflit, il parvient à les écarter. Malheureusement, des personnages comme Hansi et Armin ont succombé à leurs inhibitions et à leurs sentiments, mais Jean n’a jamais laissé ses sentiments diriger sa ligne de conduite.

Dans l’histoire, Jean apparaît comme le personnage le plus équilibré. Il a contribué à garantir le succès du Bataillon, puis de l’Alliance, dans les moments les plus cruciaux, au prix d’un grand sacrifice personnel.

Le développement de son personnage est cohérent et agréable à lire. En fin de compte, son développement consiste simplement à se débarrasser de ses propres inhibitions idéalistes de la vie et à accepter qui il est vraiment. Cela a permis au Jean que nous connaissons aujourd’hui de prendre en charge et de devenir un facteur important dans l’histoire.

Même si l’on peut dire que sa rapidité et son impartialité sont dues au fait qu’il n’est pas aussi proche d’Eren qu’Armin, son état d’esprit est tout de même louable. Au chapitre 136, il annonce à Mikasa qu’elle va devoir tuer Eren, évoquant ainsi une possibilité que tout le monde essayait d’éviter. Au chapitre 137, c’est Jean lui-même qui souffle sur la nuque du Titan Originel, jouant ainsi un rôle instrumental dans l’arrêt du Terrassement.

C’est le chapitre 138 qui montre à quel point Jean est important dans l’histoire. Désormais confronté à une fin inévitable par la titanisation, il accepte qu’il ne pourra jamais vivre la vie qu’il souhaitait, mais s’il meurt, ce sera sans regrets car il a fait de son mieux pour sauver le monde.

Connie souligne que c’est la décision de Jean de passer au Bataillon d’exploration lors de l’incinération de leurs camarades il y a 5 ans qui lui a donné, ainsi qu’à Sasha, la force de rejoindre le Bataillon. Il attribue également à Jean la capacité de sauver le monde.

C’est une fin tragique, mais appropriée, pour le personnage de Jean. Bien qu’il soit un héros méconnu dont l’histoire est souvent oubliée, on ne peut s’empêcher d’être fier du chemin qu’il a parcouru.

Enfin, Jean nous enseigne une leçon précieuse : être vulnérable peut devenir une force. Sa “faiblesse” est la raison pour laquelle il est allé si loin. Il est normal d’être en contact avec ses émotions, mais il ne faut jamais les laisser entraver son chemin.

En ce sens, Jean est un personnage attachant qui contraste avec la folie d’Eren Jäger.

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